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Le Cas Netanyahou (3)

Bibi is Forever : Noelia, Philippine et autres cadavres exquis de l’illibéralisme

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Modeste Schwartz
avr. 04, 2026
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Dans le premier volet de cette série, j’ai brièvement présenté le personnage (B. Netanyahou, dit Bibi) et son parcours :

Dans un deuxième volet, je me suis efforcé de montrer comment et pourquoi la doctrine Netanyahou, loin d’être typiquement sémitique/moyen-orientale et religieuse, est une doctrine philosophique/idéologique découlant de la Culture occidentale, et que la Croisade dans laquelle il travaille depuis un demi-siècle à nous embarquer est essentiellement une croisade progressiste :

Ce troisième volet se propose de retourner le couteau dans la plaie, en montrant le triomphe de l’illibéralisme – c’est-à-dire de la doctrine Bibi, ou Bibisme – dans toute son étendue. De montrer, en d’autres termes, comment et pourquoi, que Bibi soit mort ou vif, nous continuerons à vivre dans l’univers du bibisme pendant une bonne partie de ce XXIe siècle.

Il est partout

Qu’est-ce que le climatisme – qui est en train de ramener l’Europe à l’âge de pierre – a à voir avec le Grand Remplacement, ou avec la condition des femmes ?

Naturellement, rien. Un bref coup d’œil aux pays musulmans suggère plutôt qu’une islamisation de l’Europe occidentale conduirait plutôt à un abandon rapide de l’ensemble des politiques de la Femme blanche – dont le climatisme.

Qu’est-ce que le covidisme – qui a probablement enfoncé le dernier clou dans le cercueil de la démographie blanche – a à voir avec le Grand Remplacement, ou avec la condition des femmes ?

Naturellement, rien. En Occident, les marges urbaines où le Grand Remplacement est d’ores et déjà une réalité sont même les seuls endroits de pays entiers où la mise en œuvre du programme de suicide collectif antigrippal de l’O.M.S. n’a pas été possible.

C’est une démonstration qu’on pourrait poursuivre jusqu’à la nausée.

N.B. : Je tiens, au passage, à préciser que – dans la mesure où un libertarien peut avoir des opinions sur des politiques d’Etat – je ne suis pas viscéralement opposé aux projets de fermeture des frontières et/ou de remigration, dans la mesure où ce sont, à mon avis, les seules politiques susceptibles d’imposer en Europe une troisième voie : de stopper le ruissellement vers le haut du capital, mais de le stopper via le renchérissement du travail humain, sans avoir pour cela à étatiser l’économie. La remigration pourrait ainsi devenir l’instrument d’un fascisme bien pensé – dont les actuels ténors du discours identitaire ne voudraient néanmoins en aucun cas, puisqu’ils sont les prostituées idéologiques des milieux d’argent d’une part, et du Likoud israélien de l’autre. Eux plaident donc pour l’intégration (concept dénué de sens), c’est-à-dire pour le maintien des flux, dans un statu quo qui serait un jeu à somme nulle si l’Israël de Bibi ne parvenait pas, au passage, à en extraire le quantum de soutien nécessaire à la Croisade bibiste.

Et bien sûr, cette démonstration pourrait aussi être étendue au thème de l’euthanasie, pour autant qu’on choisisse d’y voir un article de l’idéologie davosienne (Agenda 2030 etc.) – chose pour moi moins évidente qu’il n’y paraît : je lis plutôt la problématique de l’euthanasie (comme celle de l’avortement) comme une thématique en aval, une conséquence de notre entrée dans l’ère post-familiale.

Noelia : recyclage illibéral d’un cadavre exquis

Or l’euthanasie, justement, vient de faire un grand retour dans les préoccupations du consommateur de feeds.

Ce consommateur, en général, s’oppose à l’euthanasie pour des raisons qu’il ignore lui-même.

Les plus faciles à formuler sont d’ordre théologique/dogmatique – mais ça tombe mal : elles relèvent de religions (le plus souvent : le catholicisme) qu’il ne pratique plus. Donc : fréquentation des offices = zéro ; virginité au mariage : on oublie ; jeûnes et confessions : néant – mais attention, hein, surtout pas de piquouze haram pour en finir plus vite en phase terminale de cancer !

Toutes les autres raisons qui pourraient lui venir à l’esprit – c’est-à-dire toutes celles dont le niveau de rationalité dépasse cette régurgitation de catéchisme oublié – l’obligeraient assez vite à faire face à ses propres contradictions : dignité humaine (il vient de foutre ses vieux en EHPAD), marchandisation de l’humain (il passe son temps à pester contre l’immigration « parce qu’on nous envoie pas les ingénieurs qu’on nous avait promis »), etc..

Eh bien, ça ne l’a pas empêché, le consommateur, d’y aller de son like bien senti quand la bulle illibérale lui a servi l’histoire exemplaire d’une espagnole de 25 ans (Noelia Castillo Ramos) euthanasiée après être devenue paraplégique du fait d’une tentative de suicide, tentative elle-même présentée comme « la conséquence » d’un viol en réunion… perpétré par des migrants nord-africains.

Dans ce contenu média, la thématique de l’euthanasie est raccordée aux obsessions de la propagande illibérale par de grandes quantités de fil blanc : l’argent qu’on cherche à économiser en piquant Noelia [Ah bon ? Les gouvernements socialistes sont désormais économes ?] aurait été « mieux investi » dans la lutte contre la criminalité [en vue de la création d’une société où plus aucune paumée ne se fait prendre contre son gré par des travailleurs précaires – probablement une société du type Singapour, donc…], etc..

Comme j’ai travaillé pour eux par le passé, je reconnais en un clin d’œil la signature des réseaux illibéraux : féminisme + islamophobie.

D’un point de vue opératif, l’opération Noelia constitue, pour ainsi dire, une adaptation (à la problématique très actuelle de l’euthanasie) de l’opération Philippine :

En l’occurrence, la démonstration est facilitée par le fait qu’en Espagne, la promotion du produit a été personnellement assurée par Santiago Abascal (du parti VOX), inféodé notoire à Bibi Netanyahou.

De la manipulation à l’auto-manipulation

Mais la beauté de cette histoire, c’est, paradoxalement, que le bibisme est désormais parfaitement capable de fonctionner sans Bibi. Sur mon fil à moi, la rengaine de Noelia est parvenue via des contacts que je continue à avoir (séquelles de mon « passé d’extrême-droite ») dans la galaxie Egalité & Réconciliation : un milieu dont l’opposition au projet néo-sioniste (pour le dire joliment) n’est plus à démontrer.

Car si l’illibéralisme est un néant conceptuel, les petites chapelles antisiounisses de la Dissidence, idéologiquement, représentent moins que rien. Quelques memes à fort potentiel émotionnel. Quelques affichages de bons sentiments pour agrégées de philo servant de vide-couille à une faune « d’activistes ».

La quantité basculant en qualité à partir de certains seuils, les normies n’ont d’ailleurs, en général, pas conscience de l’existence de telles chapelles, et agglomèrent volontiers leurs adeptes à la vaste catégorie des conspirationnistes – « fachos, pro-Poutine, antivax » – bref : illibéraux. Que ce soit dans la politologie simplifiée du PMU ou dans l’amphithéâtre du Parlement européen, quand on dévie de l’orthodoxie du Davos de gauche, on finit invariablement par suivre l’étendard de tel ou tel lieutenant de Bibi.

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